Psychologie bouddhiste

Face au stress, à la complexité de la vie occidentale, des relations familiales, des pressions professionnelles et autres… on a parfois l’impression d’être prisonniers de notre mental et d’avoir perdu la connexion avec les besoins fondamentaux de notre corps, avec le sens de notre vie… On a la sensation de ne plus avoir d’énergie, d’être submergé, dépassé : nous cherchons tous des réponses.
La méditation et la philosophie, lorsqu’elles sont reliées, peuvent mener à un véritable « mieux-être » et à un authentique « mieux vivre ».

La psychologie bouddhiste est surtout connue en Occident par le moyen de la méditation ou du yoga. Elle est parfois présentée sous l’aspect d’une religion, ce qu’elle n’est pas : l’enseignement traditionnel comprenant certains aspects des sciences naturelles et la plupart des disciplines incluses dans les sciences humaines.
La psychologie bouddhiste  est une science interne : les méditants, les yogis utilisent leur esprit et la méditation pour s’observer,  s’analyser,  comprendre leur fonctionnement d’humain dans l’inter-dépendance avec les autres humains et l’ensemble des êtres de l’univers. Par comparaison, les sciences occidentales sont dites externes car les scientifiques se servent de leur esprit et d’appareils de plus en plus  sophistiqués pour analyser ce qui se passe à l’extérieur d’eux-mêmes, chez les autres, autour d’eux.

D’une façon générale, les possibilités de transformation dans la tradition indienne sur laquelle s’est développée la tradition bouddhiste, se nourrit de l’expérience personnelle de chacun sur sa propre pratique dans le but d’approfondir la compréhension de tout ce qui nous anime et cause nos émotions.

Par cette pratique, nous constatons que pour survivre, nous avons appris à développer un sens aigu de notre individualité. Utile en situation de survie, cette habitude mentale est devenue un handicap chronique : elle nous renforce dans l’idée de l’autonomie totale des êtres. Cette attitude nous coupe d’autrui, jusqu’à nous imposer un masque sous lequel nous souffrons sans mot dire. Au lieu de vivre, nous survivons, ayant des rapports « faux » avec nous-mêmes et avec les autres et nous souffrons intérieurement dans la société, en famille, au travail, en vieillissant…
Lorsque nous percevons la réalité sur la base de nos 5 sens physiques, c’est notre corps qui établit les limites de notre esprit : si on accroît la coopération entre notre corps et notre esprit, notre esprit se calme naturellement et notre expérience de la réalité devient plus concrète, nous nous sentons plus unifiés.

Comme l’énergie est toujours à la base de la matière (notre corps, nos 5 sens), lorsqu’on s’occupe de notre corps, on se connecte avec l’énergie qui est au delà de la nature matérielle : ainsi, nous ne sommes plus isolé ni réduit à un seul aspect matériel, figé en l’état.
Comme nous nous identifions en tant que sujet à notre esprit, tout le reste est objet et reste figé sous une étiquette, un nom, un moment : c’est cela qui donne naissance à notre peur du processus fluide naturel de la vie, au mouvement continu d’impermanence.
Le but de la psychologie bouddhiste est d’apporter la paix et l’harmonie entre les humains et la nature dans son ensemble pour leur bénéfice réciproque et un équilibre durable.

En pratique,  la psychologie bouddhiste nous invite à nous accepter tels que nous sommes par nature, avec nos qualités et nos défauts et à les utiliser dans une dynamique positive, pour vivre cette essence commune que nous partageons avec tous les autres êtres sensibles et à retrouver la liberté et la joie qui devraient nous être naturelles.

En thérapie, on peut utiliser des techniques de visualisation mises au point par les sages des traditions indiennes et bouddhistes, à la condition que la pratique du méditant soit suffisamment ancrée dans le corps, que son mental soit connecté au physique. On  utilise aussi  l’énergie des cinq Éléments (Terre, Eau, Feu, Ciel, Espace) pour se reconnecter  aux énergies bénéfiques de la nature.
On apprend aussi à considérer chaque élément perturbateur, chaque vulnérabilité comme un élément parmi de nombreux autres et à sortir de l’enfermement dans lequel notre esprit nous enferme… à retrouver une dynamique de mieux-être.

Ce cheminement est progressif et permet de passer les obstacles, d’avancer dans le sens que nous voulons trouver à notre existence.
Comme la souffrance, la mort est un processus permanent relié à toute vie : la psychologie bouddhiste intègre la connaissance du processus de mort  pour atténuer  notre  peur et notre souffrance, voire à les effacer.
La psychologie bouddhiste et les psychologies occidentales se complètent  et permettent de transformer des situations de souffrance complexes.